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The Future of Europe: Spiritual Values and Citizenship

Contributions

Édouard Dommen: via email on 22 April 2002

Le rôle constructif d'OBSTACLES À la mondialisation

Un bocage est plus joli qu'un terrain de jeux plat

1.

Les effets de propagation et de remous

 
 

1.1

Les effets de remous

 

1.2

Les effets de propagation

2.

La gouvernance idoine

 
 

2.1

Un double objectif

   

2.1.1 Augmenter les effets de propagation

   

2.1.2 Entraver les effets de remous

 

2.2

Discerner les problèmes

   

2.2.1. La subsidiarité

    2.2.1.1 La proportionnalité
   

2.2.2. Proche du citoyen ou du problème?

   

2.2.3. La décentralisation

   

2.2.4. Le principe pollueur-payeur

3.

 

Conclusion

    Références
   

Footnotes

Résumé

Ne pas compromettre la capacité des démunis de répondre à leurs propres besoins face aux puissants: c'est là le cœur du développement durable. Toute économie suce davantage de richesse de sa périphérie géographique ou sociale qu'elle n'y propage. Le principe de subsidiarité et ses corollaires, la proportionnalité et la décentralisation, offrent des mécanismes politiques capables d'entraver cette dynamique omniprésente.

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Les effets de propagation et de remous
Les conséquences d'une activité économique peuvent s'analyser comme résultante de deux dynamiques contraires, les effets de propagation et de remous [1]. La paternité de cette forme d'analyse revient à Gunnar Myrdal [2].

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1.1 Les effets de remous
Supposons un centre tant soit peu plus prospère que son voisinage. Peu importe la cause de cet avantage originel; sauf contre-mesures volontaristes l'écart ira croissant. Le centre aspire de nombreux facteurs non seulement de production, mais de vivacité culturelle et politique. Prenons le capital à titre d'exemple: le centre va attirer des fonds de lieux moins dynamiques et les priver de ces mêmes ressources. Les services financiers vont s'y développer, et leur qualité va rendre encore plus facile l'aspiration de l'épargne.

Les économies d'échelle vont se mettre en branle, diminuant les coûts et augmentant l'avantage concurrentiel du centre. S'il n'est pas entravé, le commerce minera la production dans les régions périphériques, progressivement privées de ces économies d'échelle. Afin de répondre aux besoins de l'économie croissante, un ensemble de services va se construire. Parmi eux, l'instruction et les services de santé, grâce auxquels la productivité de la population croîtra. Une structure de transports et de communication rayonnant depuis le centre se mettra en place qui facilitera son approvisionnement et l'écoulement de sa production au détriment des échanges entre différents lieux de la périphérie. Et ainsi de suite.

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1.2 Les effets de propagation
Entre-temps cependant, des forces contraires sont aussi à l'œuvre. La prospérité se propage à partir du centre. Sa prospérité s'étale non seulement grâce à ses achats. Les personnes qui y travaillent, qui s'y procurent leurs revenus, se répandent dans les environs où ils effectuent des dépenses. Les biens collectifs [3] crées à leur intention profitent évidemment aux autochtones.

La périphérie n'est pas forcément continue dans l'espace géographique. Les États pétroliers faiblement peuplés sont là pour le prouver. De même en France, à mesure que de nouvelles lignes TGV s'ouvrent, des régions éloignées se rapprochent en heures et en confort d'accès par rapport à des villes moins distantes en kilomètres. La prospérité se propage souvent sous une forme archipélagique.

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1.3 Des processus cumulatifs
La dynamique de chacun de ces deux effets est cumulative. Si à tel endroit l'ensemble est en équilibre, c'est que les deux forces s'y neutralisent pour l'instant. Mais l'équilibre est instable; tout écart ira s'accentuant. C'est tout le contraire du mythe de l'équilibre stable qui fonde l'image néo-libérale du fonctionnement de l'économie.

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La gouvernance idoine
Rappelons la définition du développement durable la plus "officielle" car adoptée par l'Assemblée générale des Nations Unies[4]. Elle est celle de la Commission mondiale sur l'environnement et le développement [5]:

Le développement durable est un développement qui répond aux besoins du présent sans compromettre la capacité des générations futures de répondre aux leurs. Deux concepts sont inhérents à cette notion:

• Le concept de "besoins", et plus particulièrement des besoins essentiels des plus démunis du monde, à qui il convient d'accorder la priorité absolue, et

• L'idée des limitations que l'état de nos techniques et de notre organisation sociale imposent sur la capacité de l'environnement à répondre aux besoins actuels et à venir.

Il faut souligner deux éléments clef de cette définition. D'abord, il convient d'accorder la priorité absolue aux besoins essentiels des plus démunis du monde. Ensuite, il appartient à chaque collectivité de définir ses propres besoins. Les critères de gouvernance doivent s'évaluer en fonction de leur capacité d'assurer le respect de ces deux conditions.

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2.1 Un double objectif
Pour que la prospérité se répande à souhait autour du globe et jusqu'aux couches sociales les plus défavorisées, il faut d'une part ouvrir la voie autant que possible aux effets de propagation et d'autre part entraver les effets de remous.

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2.1.1 Augmenter les effets de propagation
On peut imaginer deux canaux par le biais duquel augmenter les effets de propagation.

D'une part, on peut décoincer les vannes du ruissellement. Cela revient à améliorer le fonctionnement interne de l'économie selon sa logique à elle, à huiler les mécanismes du marché, mais seulement si cela sert à répandre la prospérité vers les marginalisés. Insistons que dans la perspective du développement durable l'amélioration s'évalue uniquement par rapport à celle de la condition des plus démunis, tout autre critère n'étant que complémentaire.

Le développement durable nécessite de toute évidence la croissance économique là où ces besoins [les besoins essentiels des plus démunis du monde] ne sont pas satisfaits. Ailleurs développement et croissance économique peuvent être compatibles, à condition que le contenu de celle-ci respecte les principes que sont la durabilité et la non-exploitation d'autrui [6].

D'autre part on peut par des mesures volontaristes aller directement au-devant des démunis. Pour cela il faut cependant sortir du cadre des relations marchandes pour entrer dans une autre logique, celle grosso modo de la solidarité.

Bref, les gagnants disposent de moyens d'étendre la zone où les effets de propagation l'emportent sur les effets de remous (P>R). La suite de cette présentation se concentre les choix disponibles à ceux qui se trouvent au-delà de la limite E=R, c'est à dire dans la zone où E<R.

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2.1.2 Entraver les effets de remous
Les effets de remous aspirent des ressources, laissant les victimes plus démunis. Il convient de rappeler le sens de ce mot clef du développement durable:

Démuni: Qui n'a plus de munitions, de troupes (vx.); vulnérable, privé de force, de défenses.

Démunir: Enlever les munitions (d'un lieu) (vx.); priver (une place forte) de ses troupes, de ses effectifs; dépouiller d'une chose essentielle ou nécessaire(mod.) [7].

L'image est d'abord militaire; elle se rapporte plus précisément à la défense plutôt qu'à l'attaque. En deuxième lieu, être démuni n'est pas une condition sans cause. Si quelqu'un est démuni, c'est que quelqu'un l'a privé de quelque chose. L'emploi du mot est une invitation à identifier le responsable pour prendre des mesures à son encontre. Le développement durable comprend un appel à la résistance [8].

D'après le développement durable, les démunis ont le droit de s'opposer à ceux qui les dépouillent, à enrayer les mécanismes qui les appauvrissent. Ils ont le droit de reconstruire leur fortifications pour conserver leur bien. Le terrain de jeu plat ne se justifie que si l'équipe adverse ne se conduit pas en horde de pillards.

Dans la mesure où les démunis sont en mesure de contrer les mouvements de remous, les nantis ont intérêt à privilégier les effets de propagation pour s'enrichir de concert avec les autres plutôt qu'à leur dépens. La priorité due aux démunis leur donne le droit de se munir de défenses sans attendre que la bienveillance germe chez leurs adversaires. Quoi qu'il en soit, les démunis ont intérêt à bien comprendre qui les dépouille et comment.

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2.2 Discerner les problèmes
Le développement durable répond aux besoins du présent sans compromettre la capacité des générations futures de répondre à leurs propres besoins: la définition Brundtland souligne la dimension temporelle de la liberté qu'il faut laisser aux gens de déterminer leurs propres besoins. Rien n'interdit cependant d'appliquer le même raisonnement aux différentes personnes et collectivités qui occupent le monde à un même moment. Les dimensions spatiales et sociales sont tout aussi pertinentes. Il appartient aux démunis de déterminer eux-mêmes s'ils ont été dépouillés, de quoi et dans quelle mesure.

Cette liberté appartient à des collectivités autant sinon plus qu'à des individus. L'opinion, la manière dont la réalité est perçue – et partant la réalité elle-même – se forment au moyen de processus sociaux. La perception de la réalité se forge aussi sur l'enclume de l'environnement, qui varie de lieu en lieu. Bref, les besoins se déterminent au sein des cultures.

Des principes d'organisation sociale dont le nombre comme la précision vont croissant viennent fournir un cadre à la mise en œuvre de cet aspect du développement durable. Ils sont clairement du domaine politique. L'Union européenne est à l'avant-garde à cet égard, accompagné du Conseil de l'Europe.

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2.2.1 La subsidiarité
La subsidiarité joue un rôle majeur dans la construction de l'Europe. Elle est ancrée dans l'article 5 de la version consolidée du Traité instituant la Communauté européenne:

La Communauté agit dans les limites des compétences qui lui sont conférées et des objectifs qui lui sont assignés par le présent traité. Dans les domaines qui ne relèvent pas de sa compétence exclusive, la Communauté n'intervient, conformément au principe de subsidiarité, que si et dans la mesure où les objectifs de l'action envisagée ne peuvent pas être réalisés de manière suffisante par les États membres et peuvent donc, en raison des dimensions ou des effets de l'action envisagée, être mieux réalisés au niveau communautaire.

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- 2.2.1.1 La proportionnalité
L'article 5 continue:

L'action de la Communauté n'excède pas ce qui est nécessaire pour atteindre les objectifs du présent traité.

Il joint ainsi le principe de subsidiarité immédiatement au principe de proportionnalité. Celui-ci vient renforcer l'esprit de la subsidiarité dans le fonctionnement des institutions de l'Union européenne. "Selon le principe de proportionnalité, la communauté ne doit pas, dans l'exercice de ses compétences, faire plus que ce qui est nécessaire pour atteindre ses objectifs. Ainsi, dans la mesure du possible, elle doit

  • d'un point de vue formel, privilégier les moyens d'actions les moins contraignants pour les États membres …
  • sur le fond, éviter de prendre des législations excessivement détaillées" [9].

Une idée analogue se retrouve dans article 42.2 de la constitution fédérale suisse:

Tâches de la Confédération

2. Elle assume les tâches qui doivent être réglées de manière uniforme.

L'uniformité joue un rôle envahissant dans la mondialisation. En revanche, si les auteurs de la constitution fédérale ont trouvé opportun d'y inclure l'article 42.2, c'est bien qu'ils voulaient marquer que les tâches qui doivent être réglées de manière uniforme sont exceptionnelles.

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2.2.2 Proche du citoyen ou du problème?
[L]es décisions sont prises … le plus près possible des citoyens, dit l'article premier du Traité sur l'Union européenne Des phrases analogues se retrouvent dans de nombreux instruments européens. Ceux que le problème touche le plus directement y sont évidemment les plus sensibles. Ils le perçoivent de façon immédiate dans leur environnement de vie. Ils lui donnent son contexte humain, partie essentielle de sa définition.

Différentes composantes de la société peuvent percevoir une même activité de manière radicalement divergente: "La subsidiarité appliquée au marché des changes, par exemple, pose la question de leur légitimité puisque la vie quotidienne des uns devient, par le biais de la monnaie, objet de spéculation pour d'autres" [10].

La proximité recèle néanmoins des dangers. Si l'on est assez proche pour saisir le problème à bras le corps dans toute sa rugosité, on est forcément face contre lui. Pour bien comprendre l'ensemble du problème, il faut du recul en plus de l'immédiateté. Ceux qui peuvent examiner le problème avec une certaine distance sont eux aussi indispensables au discernement de sa nature.

Ces considérations donnent lieu à une autre énoncé du principe: prendre les décisions le plus près possible du problème [11]. Cette formulation laisse la porte ouverte aux cas où il faut agir à plusieurs niveaux en même temps (voir 1.5.3 below).

Elle ouvre en outre une porte aux experts. Comprendre en scientifique les dynamiques qui composent le problème et les relations de cause à effet qui découlent des solutions adoptées aide évidemment à prendre des décisions adéquates. Les experts comptent parmi ceux qui sont proches du problème en ce qu'ils en étudient les mécanismes. Ils en font normalement leur gagne-pain. Là ce cache le danger: ils risquent fort d'avoir partie liée avec ceux qui ont un intérêt financier dans une solution particulière. Or de plus en plus la rentabilité nourrit et oriente la recherche même universitaire. Le monde a eu de nombreuses occasions de constater que l'expertocratie est familière de démêlés avec le principe de précaution [12]. Bref, les experts font partie des proches du problème, mais au même titre que les autres.

Ceux que le problème touche se perçoivent soit comme bénéficiaires soit comme victimes, voire les deux à la fois à différents égards. Si l'une des deux parties manque, il n'y a pas de problème. Si une partie de la population n'a pas conscience d'être touchée bien qu'elle le soit, la décision risque d'être inadéquate. Pour diminuer les risques d'injustice, voire de rancunes coriaces par la suite, il faut sensibiliser ces groupes; il faut aller à leur rencontre. Nous y reviendrons dans la section suivante.

Puisque des gagnants et des perdants se font face, ils peuvent négocier entre eux le partage des coûts et des bénéfices. L'axe prioritaire du développement durable impose cependant une contrainte à toute solution: les démunis ne doivent pas s'y retrouver encore plus mal lotis qu'avant. Insistons sur cette asymétrie: le développement durable ne dit pas que la solution ne doit faire aucun perdant – bien que ce soit une solution heureuse [13]. Il dit que les démunis ne doivent pas être prétérités; les nantis peuvent bien supporter une détérioration de leur situation.

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2.2.3 La décentralisation
De nombreux problèmes se posent non pas à un seul niveau, mais à plusieurs à la fois. Souvent le défi de la subsidiarité n'est pas de déterminer le bon niveau, mais de formuler une articulation efficace entre les différents niveaux qui doivent tous êtres engagés ensemble pour trouver une solution viable. Pour répondre à ce défi, l'Union européenne propose ce qu'elle appelle la décentralisation [14] (que d'autres appellent 'participation' [15]). Dans le domaine environnemental, elle est d'ailleurs entérinée depuis 1998 dans la Convention d'Aarhus de la Commission économique pour l'Europe [16].

"La subsidiarité … définit les compétences des divers niveaux de gouvernement, alors que [la décentralisation] met l'accent sur leur interaction. Au-delà de la délimitation des domaines de compétence, la gouvernance moderne exige que la question de l'interaction soit résolue. La complémentarité fonctionnelle des différents acteurs dans le cadre d'une interaction constante doit en être le principe directeur… " [17]. Il s'agit d' "une mise en réseau dans laquelle les différents niveaux de gouvernance œuvrent conjointement à l'élaboration, à la proposition, à la mise en œuvre et au suivi des politiques" [18].

La décentralisation dans ce sens ne sert donc pas seulement à la mise en œuvre de politiques, mais à leur élaboration. Soulignons encore que la décentralisation fait appel non seulement aux niveaux de gouvernement les plus proches du citoyen, mais explicitement aux acteurs non-gouvernementaux[19], aux acteurs de la société civile. La mise en pratique de cette forme de décentralisation n'en est encore qu'à ses balbutiements en Europe; presque tout reste à faire pour l'étendre aux tractations mondiales.

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2.2.4 Le principe pollueur-payeur.
Le principe pollueur-payeur, adopté par l'OCDE en 1972, incorpore les principes que nous venons de décrire.

Le principe à appliquer pour l’imputation des coûts des mesures de prévention et de lutte contre la pollution, principes qui favorisent l’emploi rationnel des ressources limitées de l’environnement tout en évitant des distorsions dans le commerce et les investissements internationaux est le Principe dit "pollueur-payeur". Ce principe signifie que le pollueur devrait se voir imputer les dépenses relatives aux susdites mesures arrêtées par les pouvoirs publics pour que l’environnement soit dans un état acceptable[20].

L'OCDE précise que "l'idée d'un état acceptable arrêté par les pouvoirs publics implique qu'au terme d'un processus de choix collectif et tenant compte des renseignements forcément limités à disposition, on trouve que les dégâts sociaux qui restent sont moins importants que les coûts sociaux de mesures de prévention et de lutte plus poussées"[21]. La négociation entre ceux qui sont touchés par le problème fait partie intégrante de la mise en œuvre du principe. La référence aux pouvoirs publics souligne que la négociation est politique; il ne s'agit pas d'une transaction marchande dans le domaine du marché libre. En fixant ainsi une limite au marchand, l'OCDE dresse des obstacles sur le terrain de jeu de l'économie mondialisée.

Elle insiste tout autant que les règles du jeu n'exigent pas que le terrain soit plat: "des politiques environnementales différentes … se justifient par nombre de facteurs dont, entre autres, des différences dans la capacité de l'environnement … d'absorber de la pollution, ou des différences dans les objectifs sociaux et dans les priorités que l'on attache à la protection de l'environnement"[22] D'après le principe pollueur-payeur, les citoyens de différents lieux sont libres de déterminer leurs propres besoins, comme l'exige le développement durable. Par extension, si la question touche en même temps les citoyens de différents lieux, une négociation politique entre eux détermine les mesures à prendre et la répartition des coûts dans ce cas précis. Ce qui est universel est l'application uniforme du principe[23], soit la procédure de prise de décision.

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Conclusion
Des règles universelles à l'emporte-pièce, et à fortiori une déréglementation à tout cran, entraînent des brutalités et des injustices dans ses remous. La non-exploitation d'autrui, fondement du développement durable[24], exige d'admettre que la notion de besoins est socialement et culturellement déterminée[25]. Le principe de subsidiarité et ses corollaires, la proportionnalité et la décentralisation, proposent des moyens politiques de gouvernance capables de rendre leur dignité aux démunis et de canaliser les crues de la mondialisation. Reste à achever d'élaborer les moyens de mettre ces principes en pratique.

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Références
Commission mondiale sur l'environnement et le développement (1988), Notre avenir à tous, Québec, Éditions du fleuve. Il s'agit de la traduction française de: World Commission on Environment and Development (1987), Our Common Future, Oxford & New York, Oxford University Press. La traduction des passages cités a été corrigée pour mieux correspondre à l'original anglais.

Dommen Ed. (1993) (sous la direction de) Fair Principles for Sustainable Development, Aldershot, Edward Elgar

- (1998) "À chaque forme de gouvernance ses formes d'exclusion", in Baertschi B., Dermange F. et Dominicé P. (sous la direction de) (1998), Comprendre et combattre l'exclusion, Lausanne, Presses polytechniques et universitaires romandes.

Finance et bien commun (2001) No. 6-7.

Marchi, B. de & Ravetz, J.R. (2001), Participatory Approaches to Environmental Policy, Cambridge, EVE Policy Research Brief Series, No. 10

Myrdal, Gunnar (1957), Economic Theory and Underdeveloped Regions, Londres, Duckworth

- (1944) An American Dilemma: the Negro Problem and Modern Democracy, New York, Harper's

OCDE(1975), Le Principe pollueur-payeur : définition, analyse et mise en oeuvre.

Robert 2001, Le Grand Robert de la langue française, édition augmentée, Paris, dictionnaires Le Robert

Union européenne (2001), Décentralisation. Meilleure implication des acteurs nationaux, régionaux et locaux, Livre blanc sur la gouvernance européenne. SG-2001-08586-00-00-FR-TRA-00 (EN)

Internet

Drape, Olivier (sans date), Le principe de subsidiarité, Centre de formation à l'action civique et culturelle selon le droit naturel et chrétien, www.centredeformation.net/doctrine/subsidia.htm

Eurodicautom: http://europa.eu.int/eurodicautom

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Footnotes
[1] En anglais spread and backwash effects. Eurodicautom, le glossaire multilingue de l'Union européenne, traduit backwash effect par 'effet de contrecoup', mais cela reflète mal l'image de l'original.

[2] Économiste suédois (1898-1987), prix Nobel d'économie 1974. La description qui va suivre se fonde sur son Economic Theory and Underdeveloped Regions. Cependant, ce petit ouvrage distille des éléments de son monumental An American Dilemma: the Negro Problem and Modern Democracy. Ce titre indique que je ne fais que suivre son exemple en traçant un lien direct entre la justice économique et le fonctionnement démocratique.

[3] Bien collectif: un bien tel que, du moment qu'une personne en jouit, il est disponible dans la même mesure et sans coût supplémentaire à toute autre personne sans possibilité de l'en exclure.

[4] Résolution 42/187 de 1987.

[5] Commission mondiale … (1987/1988), p. 51. La commission est aussi connue sous le nom de 'Commission Brundtland', Mme. Gro Harlem Brundtland l'ayant présidée.

[6] Commission mondiale … (1987/1988), p. 52

[7] Robert 2001

[8] Dans l'original anglais le mot poor occupe la place de démuni. L'expression est – c'est le cas de le dire - bien plus pauvre, ouverte à la résignation et au fatalisme.

[9] Juripole étudiant, avec quelques retouches par ED d'ordre rédactionnel.

[10] Fiance et bien commun 2001, p.101.

[11] La phrase est de Dominique Peccoud, Conseiller spécial pour les affaires socio-religieuses du Bureau international du travail.

[12] Le principe de précaution compte parmi les principes fondamentaux de la mise en œuvre du développement durable. Voir Dommen 1993

[13] Paix soit à l'âme de Vilfredo Pareto (1848-1923), dont l'idéologie néo-libérale a érigé en dogme l'"optimum" qui porte son nom.

[14] Union européenne (2001)

[15] Marchi et al. (2001)

[16] Convention sur l'accès à l'information, la participation du public au processus décisionnel et l'accès à la justice en matière d'environnement.

[17] Union européenne (2001), p. 10

[18] Romano Prodi, Président de la Commission européenne, cité dans Union européenne (2001), p. 10.

[19] Union européenne (2001), p. 7.

[20] OCDE, C(72)128, annexe, para. 4; reproduit dans OCDE (1975).

[21] OCDE, C(74)223, reproduit dans OCDE(1975). (Traduit de l'anglais par ED)

[22] OCDE, C(72)128, annexe, para. 6 (Traduit de l'anglais par ED)

[23] OCDE, C(74)223, I.3.

[24] Commission mondiale … (1987/1988), p. 52

[25] ibid.

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